La poterie Mallet

- Baptiste 1907 - 1957
- Renée Mallet Hervier 1910 - 1997
- Bernard né en 1936
- Denise née en 1937
- Danielle née en 1939
- François Robin 1935 - 1992
- Michel 1945 - 2016
- Andrée (Doudou) née en 1949
- Marie Laure Robin née en 1961

Tout a commencé en Avril 1937 quand Aristide ( appelé communément Baptiste) employé à l'époque comme tourneur à la poterie de La Millotterie, acheta la poterie de La Forge à St Amand. Poterie qui avait été récupérée peu de temps au paravent par Mr Salin (marchand de bois) lors d'une remise de dette au moment de la liquidation de l'entreprise de Mme Vve jean Normand. Baptiste comme tous les potiers amandinois fabriquait de grosses pièces ; des saloirs de toutes les tailles, des bouteilles, toules et autres ustensiles domestiques. Deux grands fours couchés permettaient de cuire ces grès, un de 80 m3, le plus ancien et un autre de 60 m3, tous deux accolés l'un à l'autre. Bernard l'aîné des enfants commença tout naturellement son apprentissage de tourneur auprès de son père et d'Eugène Val. Danielle la seconde prit le même chemin en 1957, quant à Michel né en 1945, il ne dérogea pas à la tradition et fut lui aussi agréger à la fratrie. Au décès de son mari survenu en 1957 Mme Hervier Mallet dû reprendre la direction de l'atelier ; accompagnée de ses enfants, avec courage et fermeté mais toujours avec justice elle déploya toute son énergie à poursuivre le travail accompli par son mari. Trois autres membres de la famille rejoindront le noyaux familial : Denise, la femme de Bernard en 1968 ; François Robin , le mari de Danielle , responsable de la fabrication de l'argile ; Andrée (Doudou) l'épouse de Michel qui dès l'âge de 15 ans en 1964 était préposée à l'ansage et à l'émaillage. Deux anciens tourneurs présents dès les origines ont aussi tenus une place importante ; jean Durand et Dédé Thoumelin ; sans pour autant oublier les nombreux autres ouvriers qui ont tous à leur niveau oeuvré à l'expansion et à la notoriété de la Société Mallet.

En effet, si le père Mallet a commencé seul, l'entreprise a accueilli dans les années 80 jusqu'à 49 employés ; Au décès de Baptiste, une cliente de Sancerre, Mme Héraud incita la famille à réorienter sa collection vers une production de vaisselle ; conseil qui s'avéra par la suite fort judicieux. La demande en saloir ayant fortement diminuée, il était urgent de passer à autre chose... Cette nouvelle collection de petites pièces utilitaires et décoratives a été diffusée dans tous les lieux touristiques de l'hexagone et dans différents pays d'Europe ; dont la Norvège, le Danemark, la Belgique et d'autres pays encore...

Malgré un équipement moderne et performant ; une dizaine de fours à gaz d'un mètre cube et demi, de calibreuses, banc de coulage, presses et Roller sans oublier un énorme filtre presse pour la fabrication de la terre, vers 1985 l'entreprise a subi malheureusement une baisse d'activité. Dû à différents facteurs, elle fut obligée non sans douleur de licencier du personnel. Bernard quitte l'entreprise, en 1992 Michel reprend le flambeau sous le régime d'une SARL et en 1997 il continuera seul. En 1991 un nouveau magasin de vente est construit juste en face de l'usine, Michel et son épouse y vendront leur production ainsi que celle d'autres potiers ; durant une courte période, des grès seront agrémentés de décors en chromolithographie. Après une carrière bien remplie, en 2005 Michel arrêtera lui aussi et en 2007 l'entreprise est définitivement fermée. Entre temps, la fille de Danielle et François, Marie Laure après avoir suivit une formation tournage au CNIFOP rejoindra la famille ( de 1979 à 1984) elle s'installera ensuite à son compte Aux Guimards sur la commune de Bitry où elle ouvrira un atelier/boutique « l'atelier du hérisson ». Au bout de quelques années, elle quittera ce lieu et rejoindra David Garcia qui deviendra son mari. Ils demeurent actuellement à Cessy Les Bois ; David artiste de talent peint des paysages environnants et Marie Laure tourne de la terre cuite vernissée.

Depuis la fermeture de l'usine, l'ambiance n'est plus tout à fait la même mais à l'initiative de Michel de nouveaux locataires animent un peu les lieux ; des artisans d'art y exercent leur métier ; dénommé les « ateliers de la fabrique » ils accueillent ferronnier, taillandier, céramistes, et divers créateurs .

Texte B. Nesly d'après les témoignages de Bernard, Danielle, et Andrée Mallet. Toute représentation ou reproduction interdite sans autorisation de l'auteur.